Un peu de botanique, un peu de politique
Prenez une graine de désespoire. Plantez-la dans un terreau bien fertile en pauvreté ou en précarité. Arrosez le tout, tous les jours, de catastrophes ou de mauvaises nouvelles. Vous obtiendrez rapidement un germe d'inquiétude, de peur puis un plant de haine. Ensuite, il deviendra un arbre de guerre, donnera de beaux fruits de discorde qui se dissémineront au gré du vent médiatique autour de l'arbre.
Ca marche aussi pour l'inverse du désespoir : l'espoir donne un arbre de paix...
La peur est le commencement de toute guerre (révisez vos classiques). Si on commence à imaginer le comportement des autres personnes sous l'impulsion de la peur, à prendre garde de tout sous prétexte de se défendre, alors on est prêt à devenir parano et à pourrir sa vie. Ca fait moins poétique que le premier paragraphe...
Une petite histoire. Un soir, je reviens seul chez moi, à pied, dans la rue sombre mais tranquille. Je me fais accoster par deux personnes qui s'avèrent, par leur langage, être des banlieusards (Nicoléon Bonaparte appelle ça de la racaille).
Ils s'avancent vers moi et l'un d'eux me demande gentiment mon téléphone portable. Tout dépend du comportement de chacun face à cette situation, mais bon, certains auraient pris peur et refuseraient leur demande... Sauf que ce n'est pas la réaction des jeunes qu'ils faut blâmer, mais bien celle de la peur (de ce que l'on dit à propos des jeunes de banlieues...).
Bon, pour ma part, je leur ai prêté mon portable et l'histoire aurait pu s'arrêter là... mais la réaction du jeune m'a surpris.
Il m'a tendu mon portable sans avoir appelé un quelconque ami. Il m'a juste signalé qu'il voulait connaître ma réaction face à lui. Sur ce propos, ils m'ont souhaité bonne soirée et nous nous sommes quittés...
Je ne sais pas pour vous, mais je n'ai pas considéré sa réaction comme de l'arrogance ou de l'irrespect, j'en ai même sourit plus tard.
A ce propos, cette histoire s'est passé avant les événements de Clichy.
A vous de méditer sur cette histoire...